Les Gens de St Démet. Des anthropologues derrière la caméra : Les Gens de St Démet, une nouvelle vie audiovisuelle (6/6)

L’un des intérêts des Gens de Saint-Démet est d’avoir pris à témoin, et de façon transversale, une petite société bretonne peu avant sa submersion par un grand tsunami modernisateur. Sans doute, la radiographie contrastée de ce monde, de son gros bourg, de son milieu rural et agricole, de son espace littoral et maritime est loin d’être exhaustive. Sans doute, les aspects filmés ne sont-ils pas tous approfondis, et ce qui est conflictuel est le plus souvent ignoré. Mais le survol est suffisamment large pour qu’on puisse approcher de ce qu’était cette société dans ces années 1960. Avec le temps, ces images, prises sur le vif ou en partie reconstituées, sont devenues d’indéniables archives visuelles. D’ailleurs, cette qualité avait motivé l’acquisition de leur copie en 1986 par le Musée de Bretagne (Rennes). Puis la Cinémathèque de Bretagne, chargée de leur valorisation, les avait restaurées, numérisées, mises en ligne, tout en les diffusant régulièrement à Plozévet et ailleurs1. Mais, en dehors de ces institutions patrimoniales, en dehors de Plozévet retrouvant son passé, qui a pris la mesure de ces véritables mémoires visuelles ?
Des images pour la télévision ?
Le parti-pris de ces films, parfois un peu passéiste, redonne vie à des pratiques définitivement perdues, dont on pourrait, même, perdre la mémoire. Le spectateur redécouvre une campagne et une côte qui, entretemps, ont été transformées par le mitage urbain. Et l’on retrouve des façons de travailler, de se vêtir, de manger, de se divertir, de se déplacer, de faire société. En filigrane, se dévoile un pan de la culture populaire d’alors, qu’Edgar Morin avait appelée plébéienne, avec ses rites sociaux et religieux, avec son enracinement dans une langue et une culture qui, surtout dans les campagnes, imprégnaient la vie quotidienne.
Qui pouvait en premier lieu s’emparer de ces images ? Sans doute la télévision et le cinéma. Mais, pendant des années, ces images d’ethnologues pour ethnologues sont restées dans ce strict champ universitaire. Jusqu’en 1990, Les Gens de Saint-Démet sont restés totalement ignorés par les télévisions lorsqu’elles sont revenues sur les enquêtes. Ainsi, en mai 1976, suite à la parution de son livre Bretons de Plozévet2, Antenne 2 donne la parole à André Burguière. Dans une émission, Les Bretons de Plozévet, l’auteur fait le point sur l’origine des enquêtes, sur certains de leurs résultats, comme sur l’histoire très particulière de la vie politique plozévétienne. Un entretien qu’accompagnent quelques images en noir et blanc. Mais elles n’ont strictement rien à voir avec le lieu comme avec cette histoire ! Pas une seule vue n’est tirée des films de Robert et Monique Gessain…
Le livre d’André Burguière est aussi une opportunité pour le réalisateur Antoine Dumayet3 de mesurer l’impact des enquêtes sur la vie de la commune. Dans son émission Vivre à Plozévet4, il donne la parole à différentes personnes censées représenter la population. Dans ce retour télévisuel régional, les enquêtes sont alors appréciées à l’aune des réactions qu’elles ont suscitées localement5. En effet, il y est beaucoup question d’Edgar Morin, de son livre, de ses erreurs, de ses notations ; même si au moins deux personnes trouvent le livre plutôt pertinent et le personnage assez sympathique6. Aucune des images tournées alors n’accompagne ce reportage7. En ces années 1970, Les Gens de Saint-Démet seraient-ils inconnus en Bretagne, leurs images inexploitables ?
1990, la télévision découvre Les Gens de Saint-Démet
Il faut attendre 1990 et le magazine régional Chadenn ar vro, une émission en breton proposée par France Régions 3 Rennes. Le 23 avril il diffuse un documentaire, Les gens de Saint-Démet. Des images issues des films de Robert et Monique Gessain y ponctuent le dialogue en breton qui s’instaure entre Donatien Laurent8, qui a participé aux recherches, et Marie-Jeanne Mao, Plozévétienne9. Ces extraits filmiques illustrent ou soulignent leurs évocations, des enquêtes et des évolutions que la commune a subies depuis. Une utilisation finalement assez banale rappelant le temps des enquêtes. Quoi qu’il en soit, plus de 20 ans auront été nécessaires pour que la télévision décèle l’intérêt de ces images. Il aura fallu sans doute attendre leur retour en Bretagne, au Musée de Bretagne et à la Cinémathèque de Bretagne.
1999, Retour à Plozévet d’Ariel Nathan : quand Les Gens de Saint-Démet structurent un discours télévisuel…
C’est d’ailleurs en recherchant des images sur les goémoniers dans le fonds conservé à la Cinémathèque que le réalisateur Ariel Nathan10 découvre Les Gens de Saint-Démet. En 1997, il commence à s’intéresser aux dessous des enquêtes, un sujet qu’il connaît un peu, ayant lu, plusieurs années auparavant, le livre d‘Edgar Morin11. Sur le terrain, il découvre les faces cachées de cette histoire. Dans son film Retour à Plozévet (1999)12, il se met en scène, promouvant une démarche investigatrice où les images tirées des Gens de Saint-Démet jouent un rôle prépondérant.
On voit le réalisateur transporter un petit téléviseur jaune13, d’une interview à l’autre. Il fait visionner des extraits à chaque personne, minutieusement sélectionnés pour elle et la fait réagir. Ainsi, les témoins vont évoquer, spontanément, le passé, celui des enquêtes, celui de la vie dans les années 1960. De telle sorte que, à travers cette écriture télévisuelle originale et réussie, le téléspectateur est amené à s’interroger à son tour sur le rapport enquêteurs-enquêtés, filmants-filmés.
Il découvre aussi une histoire plus riche, plus complexe et bien moins polémique que celle qu’avait donnée Plozévet contre Plodémet14, une archive inédite alors15, sur laquelle se base aussi Ariel Nathan. Cette émission de mars 1968 est restée célèbre à plus d’un titre : après les reproches véhéments de quelques personnes enregistrées au préalable à Plozévet16, sur le plateau Pierre-Jakez Hélias éreinte Edgar Morin17, et contribue à répandre la rumeur selon laquelle tout Plozévet en voulait beaucoup au sociologue18.
Aussi, après ce documentaire Retour à Plozévet, on ne peut plus ignorer que cette commune a été l’objet d’une vaste enquête interdisciplinaire en sciences humaines et sociale, que des films ont été tournés à cette occasion par Robert et Monique Gessain, et, enfin, que le livre d’Edgar Morin a suscité pas mal de remous19.
Après le film d’Ariel Nathan, Plozévet va, petit à petit, retrouver le monde académique20. De 1999 à 2019, de nouvelles interventions universitaires seront ponctuées par diverses manifestations21. Plusieurs attireront l’intérêt médiatique, le journal télévisé régional rendant compte de certaines en conjuguant alors courts entretiens, images actuelles et souvent celles du passé. Les images des Gens de Saint-Démet seraient-elles devenues une sorte de faire-valoir pour Plozévet, qui, riche de son passé avec la recherche, même controversé, est encore une fois choisie par les chercheurs ?

2008, Tud Plozeved de Jean-Pierre Lyvinec
En 2008, le journaliste Jean-Pierre Lyvinec22 saisit l’opportunité d’un colloque, tenu à Brest et à Plozévet, sur l’histoire des enquêtes23 pour proposer un sujet au magazine bretonnant Red an amzer sur France 3 Bretagne. Souhaitant revenir sur les méthodes d’enquête, il s’aperçoit vite que son dessein ne peut être mis en œuvre : pas de chercheur bretonnant en dehors de Donatien Laurent24, qui s’avère indisponible. Changeant alors d’objectif, il entend faire le point sur les évolutions connues par la commune. Et, pour évoquer le passé, il compte bien s’appuyer sur Les Gens de Saint-Démet. A Plozévet, il rencontre différentes personnes dont les femmes du club des personnes âgées. Mais, rares sont celles acceptant de s’exprimer en breton pour la télévision. Cette défection le contraint alors à donner une plus large place aux images du passé : elles vont constituer près de 50% de son film de 13 minutes25. Tud Plozeved, va donc mêler quelques interviews en breton à des images actuelles et surtout à celles tirées des films Gessain.

2017, Télé Matin et les 50 ans du livre d’Edgar Morin
Aux alentours du cinquantenaire de la publication du livre d’Edgar Morin, les médias sont de nouveau attirés par Plozévet. Ouest-France, le magazine Bretons interrogent son auteur. Et Laurence Beauvillard26 vient dans la commune bigoudène pour le journal d’Antenne 2, Télé Matin. De nouveau, son reportage va mêler des images des Gens de Saint-Démet à celles d’aujourd’hui et à un entretien avec moi. Pour conclure, elle tire les leçons de « cette étude exceptionnelle (qui) ne serait pas reproductible aussi bien financièrement que déontologiquement ». Jugée ainsi à l’aune de l’histoire, cette aventure est comme remisée dans un temps définitivement dépassé. A ma connaissance, depuis la télévision n’est pas revenue à Plozévet pour évoquer les enquêtes et leurs suites.
Dès lors, seule la presse locale se fait l’écho des manifestations mettant en relation la recherche et Plozévet, dont, jusqu’en 2019 celles du projet, Plozarch (voir ci-dessous). Les Gens de Saint-Démet continuent d’être projetés à Plozévet et en d’autres endroits. Un nouveau travail autour des archives des enquêtes, piloté par la Maison des sciences de l’homme de Bretagne, tourne court. Un projet relatif aux archives sonores de l’enquête d’Edgar Morin, en cours, est toujours à la recherche de crédits. Et, Plozévet a accueilli des jeunes de l’université de Bretagne occidentale pour des stages de formation à l’enquête ethnologique de terrain. Ainsi se perpétuent, cahin-caha, les relations qui s’étaient renouées avec la commune depuis une bonne vingtaine d’années.
Refilmer à Plozévet
Si, avec le recul, Les Gens de Saint-Démet apparaissent comme un des témoignages importants sur la Bretagne paysanne et rurale des années 196027, a-t-on tiré tout le potentiel cinématographique de ces réalisations ? Vraisemblablement pas. Pourtant, comme le dit Jean-Pierre Lyvinec, ces films permettraient de « mettre en vis- à-vis les deux époques (…) d’effectuer un va-et-vient »28. Une idée qu’il avait caressée comme d’ailleurs, semble-t-il, Ariel Nathan après son premier retour. Depuis, aucun professionnel n’a été tenté par une telle aventure.
Retrouver Plozévet, ses enquêtes et ses films : le projet Plozarch
Ni professionnel de l’image, ni introduit dans ce milieu, nous ne pouvions pallier cette carence. Sans doute le projet, Plozarch29, avait, entre autres, pour ambition de réaliser, avec la collaboration de bénévoles de Plozévet, des documents sonores30, photographiques et vidéographiques sur la vie actuelle de la commune. Mais sans les moyens susceptibles de satisfaire les médias audiovisuels.

Des caméras plozévétiennes ?
A son origine, Plozrach exhume un peu l’idée moriniènne (non mise en œuvre en 1965) de constituer des groupes d’habitants chargés de réaliser des reportages sur la façon dont ils perçoivent leur vie à Plozévet. Une formation au tournage et au montage vidéo est alors proposée, un budget ayant permis l’achat de petits caméscopes d’occasion, sans plus… Après un franc succès, le groupe initial se réduit progressivement, jusqu’à disparaître, les volontaires s’apercevant que la vidéo est très chronophage et le montage vraiment fastidieux. Dès lors, ce retour vidéo à Plozévet a beaucoup plus reposé sur moi.
Parallèlement, la caméra a été utilisée par des élèves du Collège Henri Le Moal de Plozévet, partant en enquête avec carnet d’enquête, magnétophone et camescope, dans le cadre d’un atelier scientifique31 et d’un atelier d’écriture32. Leur rendu a inclus textes, photos, sons et vidéos, voire une présentation publique.

Une forme reportage
Si certains montages de Plozarch sont en miroir direct avec quelques séquences des films Gessain, nous n’avons pas adopté la trilogie campagne, bourg, côte, ni un point de vue assez généraliste permettant de survoler au mieux les questions. De même, nous n’avons pas privilégié une voie problématique portant sur les changements connus par Plozévet depuis les années 1960. Une instruction systématique et approfondie se serait rapidement révélée impossible, tant ces évolutions touchent tous les aspects de la vie, comme l’avait noté en son temps Edgar Morin. Aussi, nous nous sommes adaptés, choisissant des sujets en fonction des possibilités. En conséquence, des thèmes ont été délaissés, d’autres, prévus, ont dû être abandonnés, certains n’ont pas été montés. Dans quelques cas, nous avons été sollicités pour filmer un événement ou une situation… Quoi qu’il en soit, n’étant pas vidéaste professionnel et assurant seul tournage et montage (sur fonds personnels), ces vidéos n’ont sans doute pas les qualités télévisuelles exigées désormais. Mais la forme reportage, que nous avons privilégiée, éclaire quelques aspects de la vie plozévétienne des années 2010-2020. Nos chroniques vidéos, réalisées sur mini cassette DV et montées sous Final Cut Pro, ont donné lieu à des projections privées, un DVD ayant été donné aux principaux protagonistes. Plusieurs montages ont eu droit à une projection publique sur le grand écran de la Salle Avel-Dro de Plozévet. Plus de dix heures de montage sont déposées à la Cinémathèque de Bretagne (voir la liste des montages en annexe).
Les Gens de Saint-Démet et la Cinémathèque de Bretagne
Gardienne du patrimoine cinématographique breton et de sa valorisation, la Cinémathèque a mis les cinq films et leurs rushes en accès libre33. Elle dispose aussi de leur bande-son dont les parties en breton ont été traduites par Gilles Goyat, Plozévétien et linguiste ayant fait sa thèse sur le parler breton de Plozévet34. Et, depuis le début des années 2000, Les Gens de Saint-Démet ont été plusieurs fois projetées à Plozévet, d’abord à l’initiative du projet Plozarch, puis en relation avec l’association Histoire et Patrimoine de Plozévet35. Pour un public toujours aussi fidèle (voir billet N° 5). La Cinémathèque a aussi mis en accès libre les films de Christian Pelras, ethnologue engagé par Robert Gessain pour mener, seul, à Goulien, une enquête comparative en « ethnologie globale »36. Christian Pelras, y filme ce qu’il étudie et découvre, sa caméra de proximité révélant l’intimité d’un milieu rural se livrant sans apprêt37.

Pour une nouvelle filmographie
2015 : un film participatif sur Plozévet
En 2015, en mémoire des films de Robert et Monique Gessain, deux jeunes vidéastes, les Froh Faire, ont proposé à des volontaires de documenter 10 minutes de leur vie quotidienne à Plozévet. Partant de ces vidéos, ils ont réalisé un montage diffusé à Plozévet lors de la manifestation artistique de l’été 2015, Arts à la Pointe. Un montage qui, loin du documentaire que certains pouvaient attendre, livre une vision assez poétique de ces dix minutes plozévétiennes dispersées aux quatre coins de la commune.
Pour une vidéothèque plozévétienne
Ce témoignage de l’intérêt cinématographique pour Plozévet ne mériterait-il pas d’être poursuivi ? Filmer, même avec un simple téléphone, est devenu une pratique si courante qu’il serait dommage de ne pas conserver ces témoignages des années 2000, tout du moins certains. Ainsi pourrait-on continuer à les mettre en parallèle et en continuité avec ce qui fut filmé dans les années 1960. Autrement, en les laissant se disperser au hasard des réseaux sociaux, que restera-t-il de ces images ? Aussi, pourquoi ne pas organiser un collectage auprès des amateurs vidéastes plozévétiens ? Un rêve…
Ainsi s’enrichirait une banque d’images animées à mettre en parallèle avec Les Gens de Saint-Démet. Des films qui, d’ailleurs, mériteraient, eux-mêmes d’être documentés. Ainsi seraient reconnues les personnes filmées dans les années 1960, comme des lieux anciens, eux aussi à jamais disparus. Un appel à des volontaires plozévétiens ne serait-il pas envisageable ?
Un grand merci à Anna Quéré, responsable éditoriale de Bécédia pour sa relecture et à Véronique Langlois, documentaliste à la Cinémathèque de Bretagne, pour sa mise en ligne.
Les réalisations de Plozarch
Entretien avec Edgar Morin. Bernard Paillard s’entretient avec Edgar Morin sur son enquête à Plozévet. 56 mm., 2005
La récolte du bein-youd. La journée d’un récoltant du Chondrus cripus, petite algue rouge appelée localement bein-youd. Commentaires par le récoltant. 10 mm., 2010.
Barababord aux éoliennes. Animation par le groupe de chants de marin, Barababord. 6 mm., 2010.
Les fumées de Prat Meur. On suit la journée de brûlage du goémon sur le rivage de Prat Meur. Commentaires par son organisateur. 30 mm., 2010.
Le kouign de Scantourec. Journée de fabrication du “koiugn des gras” dans la boulangerie de Scantourec. 15 mm., 2011.
L’atelier scientifique à Beig Meil : la découverte du plancton. Sortie sur le site d’Agrocampus à Beig Meil. 30 mm., 2011.
L’atelier scientifique à la Station biologique de Roscoff : Découverte des algues et des phycocolloïdes. 30 mm, 2011.
Rencontres Sciences et Citoyens de Plozévet. Participation d’élèves du collège de Plozévet. 9 mm., 2011.
Edwy Plénel à Plozévet. Dialogue avec Pierre Plouzennec, maire de Plozévet. 17 mm., 2011.
Le flan au bein-youd. Fabrication d’un flan grâce à l’action gélifiante d’une petite algue rouge ; la méthode traditionnelle. 15 mm., 2012.
A la Criée de Poulgoazec. Dans le cadre d’un « atelier d’écriture », les élèves découvrent la Criée de Poulgoazec. 30 mm, 2012.
Nedelec. Les élèves de la classe bilingue breton/français de l’école Georges Le Bail interrogent les personnes résidant au Foyer-Logements de la Trinité sur la façon dont on fêtait Noël dans les années 1960. 30 mm., 2012.
L’école d’hier à aujourd’hui. Les mêmes les interrogent sur la façon dont on faisait l’école en ce temps. La vidéo se termine par une visite au musée-école de Trégarvan. 30 mm., 2012.
Le four à pain de Keristenvet. L’association Gwarez-ar-Glad, fait cuire du pain à l’ancienne dans une ancienne boulangerie restaurées. On les suit de la confection des fagots à la vente des produits. 30 mm., 2012.
Au plus près des Boulis. Retour sur l’histoire d’un groupe de chants de marin de Plozévet, Les Boulinierien. Avec des images d’archives des membres du groupe. 52 mm., 2012
Ferme ouverte à Lestrouguy. Le GAEC de Lestrouguy organise une journée « Ferme ouverte ». Vidéo réalisé avec la collaboration de Jean-Pierre Jacquemard. 30 mm., 2014.
La traite du troupeau. A Lestrouguy. 13 mm., 2014.
Exposition sur la Guerre 14-18 de Plozévet. Une initiative de la section locale des Anciens combattants. 11 mm., 2015.
Cérémonie en l’honneur des fusillés du 4 août 1944. 10 mm., 2015
Théâtre au Foyer-Logements de la Trinité. Issue d’une enquête auprès des personnes résidant au Foyer-Logements, interprétation d’une petite pièce de théâtre par une petite troupe de théâtre amateur de Plozévet. 30 mm., 2015.
Le four à pain de Keristenvet. Montage revu avec un entretien avec Michèle et Didier Huard de l’association Gwarez-ar-Glad, 18 mm., 2018
De l’estran au labo. Découverte des algues. Cueillette sur l’estran, identification, fabrication d’alginate et de bio-plastic. 30 mm., 2018.
Perles d’alginate Fabrication de perles d’alginate par les élèves en classe de physique-chimie-SVT. 15 mm. 2018.
- Dans le cadre de la programmation commune entre le Musée de Bretagne et la Cinémathèque de Bretagne, la première séance de la saison 2022 a été consacrée aux films Les Gens de saint-Démet.. Voir : https://musee-devoile.blog/?s=gens+de+saint+démet
Par ailleurs, Bécédia a consacré un petit dossier sur l’histoire des enquêtes et des films. Voir : https://bcd.bzh/becedia/fr/les-enquetes-de-plozevet ↩︎ - André Burguière, Bretons de Plozévet, Paris Flammarion, 1975, 383 p. Voir : https://www.persee.fr/doc/rfsoc_0035-2969_1977_num_18_3_4967 ↩︎
- Antoine Dumayet (1947-2023), est le fils de Françoise et de Pierre Dumayet. Pionnier de la télévision, Pierre Dumayet, l’un des premiers journalistes et scénaristes de l’ORTF, est resté célèbre pour l’émission Cinq colonnes à la une, et pour ses émissions littéraires. Son fils, Antoine, écrivain, réalisateur de télévision et scénariste, est plus connu sous le nom de Antoine Gallien. ↩︎
- Vivre à Plozévet, en ligne : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/rxc01019311/vivre-a-plozevet ↩︎
- Cette approche se confirmera, comme le note Frédéric Martin dans son mémoire. Frédéric Martin, « Les archives audiovisuelles de l’enquête pluridisciplinaire de Plozévet : Analyse du patrimoine de la télévision régionale bretonne », Mémoire de Master 1. Médiation du Patrimoine en Europe. Rennes 2, 2008-2009. Écoutez sa conférence donnée à Plozévet en septembre 2011 : https://plozevet.hypotheses.org/8180 ↩︎
- Dans ce reportage apparaît Jean-Claude Stourm que nous avons déjà rencontré, et que, par la suite, on retrouvera dans d’autres reportages télévisuels. Jeune enseignant à Plozévet, très tôt il s’était intéressé aux enquêtes, devenant familier de quelques chercheurs. Edgar Morin l’engagea pour son enquête en 1965. On connaît son rôle majeur dans la réappropriation par les Plozévétiens des films de Robert et Monique Gessain. ↩︎
- Autre retour sur l’histoire des enquêtes, celui d’Emmanuel Laurentin. En 2002 pour La fabrique de l’histoire (France Culture), il se rend à Plozévet à l’occasion des premières Rencontres régionales CNRS Bretagne – Pays de la Loire « Sciences et Citoyens ». Il y réalise « Paris-Plozévet-Paris et retour », une émission très vivante, entraînée par l’ambiance conviviale et assez festive de cette rencontre chercheurs-population (en ligne : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-histoire/paris-plozevet-paris-et-retour-4682640). Sur https://plozevet.hypotheses.org/8180, on peut écouter la conférence qu’il a donnée à Plozévet en septembre 2011. Il y revient sur les enquêtes de Plozévet vues par la radio. ↩︎
- Donatien Laurent (1935-2020). Elevé à Paris dans une famille militante du mouvement breton, ce passionné par les langues celtiques, la musique bretonne, l’ethnologie, est envoyé à Plozévet en 1964 pour y étudier la culture traditionnelle. Sa connaissance du breton, qui n’est pas sa langue maternelle, lui a valu d’être recommandé à Robert Gessain par André Leroi-Gourhan, dont il suit l’enseignement en ethnologie au Musée de l’Homme (Paris). Après son recrutement au CNRS et son passage par le Musée des Arts et Traditions Populaires, il rejoint le Centre de recherches bretonnes et celtiques (UBO – Brest) qu’il dirige de 1987 à 1999. Spécialiste de la littérature orale bas-bretonne et des liens culturels interceltiques, sa thèse porte sur les sources du Barzaz-Breiz (1974). Voir : Le Gonidec, Marie‑Barbara, 2023. « Note biographique sur Donatien Laurent (1935-2020) », Encyclopédie Bérose des histoires de l’anthropologie ; Le Gonidec, Marie‑Barbara, 2023. « Le terrain breton aux sources de l’ethnomusicologie de la France. Claudie Marcel-Dubois et Donatien Laurent, deux expériences fondatrices », Encyclopédie Bérose des histoires de l’anthropologie. ↩︎
- Comme son gendre Jean-Claude Stourm, elle s’était familiarisée avec certaines personnes des enquêtes, dont Edgar Morin. ↩︎
- Ariel Nathan (1951-2012) est un documentariste installé à Rennes en 1994. Né à Paris de parents résistants, il avait lâché ses études de journalisme et de philosophie pour l’action politique, devenant militant d’extrême gauche. Installé en usine à Saint-Brieuc, il y suit la grève du Joint français sur laquelle il reviendra en 2002 dans Le Mai breton du joint français. Figure de l’audiovisuel en Bretagne, il a été très actif et engagé pour y développer l’audiovisuel et le cinéma. Venant en Bretagne, on lui avait conseillé de lire le livre d’Edgar Morin, Commune en France. La métamorphose de Plodémet pour mieux connaître les transformations qui emportaient la Bretagne dans les années du post-Mai 68. Il connaissait aussi Edgar Morin par ses écrits sur le cinéma et son intervention dans le cinéma vérité, notamment par le film réalisé avec Jean Rouch en 1961, Chronique d’un été. https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_2011_num_180_1_4358_t1_0119_0000_2. Filmographie importante (voir : https://arielnathan.wordpress.com/category/filmographie/). Décédé brutalement en 2012 à l’âge de 61 ans.
Voir aussi : ,https://filmsenbretagne.org/ariel-nathan-quittes/ ↩︎ - Edgar Morin, Commune en France. La métamorphose de Plodémet, Paris, Fayard, 1967. ↩︎
- https://bed.bzh/fr/films/retour-plozevet ↩︎
- Couleur choisie par Ariel Nathan car symbolisant, selon lui, l’étranger. ↩︎
- Voir : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/la-controverse-de-plozevet-ou-comment-edgar-morin-se-mit-a-dos-des-bigoudens.
↩︎ - En juillet 2021, l’INA, pour le centenaire d’Edgar Morin, l’INA met en ligne de très larges extraits de l’émission Plozévet contre Plodémet. Il l’introduit par un article intitulé « La controverse de Plozévet, ou comment Edgar Morin se mit à dos des Bigoudens ». Cet article ne tient pas compte des observations faites à ce propos, notamment dans mon article « A propos de Plozévet. Retour sur une polémique académique, in Edgar Morin, aux risques d’une pensée libre, Hermès, La Revue N° 60, 2011, p. 176-181.
En ligne :https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=HERM_060_0176 ↩︎ - Selon un entretien personnel avec un Plozévétien, on aurait sélectionné des personnes « ayant des choses à dire contre le livre d’Edgar Morin ». ↩︎
- Mais, dans son documentaire, nul rappel qu’en 1991 l’auteur du Cheval d’orgueil a corrigé ses propos. ↩︎
- Des témoignages comme des lettres trouvées dans les archives d’Edgar Morin prouvent le contraire. ↩︎
- « L’affaire Morin » masquera d’autres grognes, dont celle relative aux mesures d’anthropologie physique. En privilégiant cette anicroche, des récits médiatiques ultérieurs pourront perpétuer certaines erreurs et imprécisions quant à l’histoire de ces enquêtes qui, pourtant, ont été éclairée par André Burguière ou par moi. Ces interventions n’ont pas eu une portée médiatique suffisante pour corriger tout ce qui peut se raconter ou se lire sur ces questions, même, parfois, dans le milieu académique qui n’est pas nécessairement immunisé contre les rumeurs. D’autres événements font venir la télévision à Plozévet, et de façon plus régulière. Dans ces reportages, nulle mention n’est faite aux enquêtes et aucune image n’est tirée des Gens de Plozévet. On y fait recours que s’il s’agit des rapports entre Plozévet et la recherche. ↩︎
- Bernard Paillard, « L’appel de Plozévet », in Claude Fischler, Pascal Ory (dir.), Edgar Morin. Les cent premières années, Paris, Hermann, Colloque de Cerizy, 2023, p. 165-185. ↩︎
- Plusieurs Rencontres CNRS « Sciences et Citoyens » (Voir: « Rencontres régionales CNRS-Jeunes « Sciences et Citoyens » de Plozévet ; un peu d’histoire », https://plozevet.hypotheses.org/6541), des visites de chercheurs japonais et mexicains, un colloque sur l’histoire des enquêtes (Voir : Bernard Paillard, Jean-François Simon, Laurent Le Gall (dir.), En France rurale. Les enquêtes interdisciplinaires depuis les années 1960, 2010, Rennes, PUR, 396 p. En ligne : https://books.openedition.org/pur/102656?format=toc), deux projets scientifiques, l’un sur les archives des enquêtes, Plozcorpus, l’autre, une recherche-action en liaison avec des personnes de Plozévet, Plozarch, Voir : https://plozevet.hypotheses.org ↩︎
- Jean-Pierre Lyvinec, journaliste, réalisateur et documentariste bretonnant, réalise des émissions en breton pour Red an amzer, ou Bali Breizh à FR3 Bretagne. ↩︎
- Bernard Paillard, Jean-François Simon, Laurent Le Gall, En France rurale. Les enquêtes interdisciplinaires depuis les années 1960, 2010, PUR, 390 p. En ligne : https://books.openedition.org/pur/102656 ↩︎
- Donatien Laurent n’est pas le seul enquêteur bretonnant, même si cela est souvent affirmé. A côté de lui, on note, au moins, le Trégorois et spécialiste de la géographie de la Bretagne Maurice Le Lannou et le Bigouden Pierre Le Rhun qu’il avait engagé. ↩︎
- Un format trop court pour un tel sujet, selon son réalisateur. ↩︎
- Journaliste et grand-reporter pour la télévision et les magazines de la presse écrite. Spécialisée dans les sciences et la santé. ↩︎
- Comme tel, leurs images ont pu d’autant plus facilement s’intégrer dans des expositions que leur qualité technique répond aux normes requises. Voir par exemple : La fabrique d’un film ethnographique, https://plozevet.hypotheses.org/5824. Par ailleurs, ces films ont été utilisés par des enseignants pour illustrer le monde des années 1960. ↩︎
- Frédéric Martin, op. cit, p. 107. ↩︎
- Engagé en 1965 par Edgar Morin pour son enquête, j’ai longtemps aspiré à retrouver un jour Plozévet. Ce retour, inauguré au milieu des années 1990, a été zigzaguant, jusqu’au moment où, en 2010, répondant à un appel à projet du Conseil régional de Bretagne, il a été possible de renouer le dialogue entre le monde de la recherche et la société plozévétienne. Voir : Bernard Paillard, « L’appel de Plozévet », in Claude Fischler, Pascal Ory, Edgar Morin, les cent premières années, Paris, Editions Hermann, Colloque de Cerisy, p. 165-185. ↩︎
- La réalisation d’entretiens, sans doute, mais aussi l’idée de réaliser des sortes de paysages sonores de ces années 2010 si différents de ce qu’étaient les « bruits de Plozévet » dans les années 1960, surtout à la campagne. Cette idée de sonothèque n’a pas pu voir le jour. ↩︎
- En liaison avec l’enseignante en SVT Voir : https://plozevet.hypotheses.org/4862 et autres. ↩︎
- En liaison avec l’enseignante de français. Voir : https://plozevet.hypotheses.org/11072 et autres. ↩︎
- https://www.cinematheque-bretagne.bzh/voir-les-films-426-0-0-0.html?ref=44ab616283f5da34dace5934e9e1c285 ↩︎
- Gilles Goyat, « Description morphosyntaxique du parler breton de Plozévet (Finistère) ». Thèse de doctorat Études régionales celtiques, corses, Rennes 2, 2012. Voir : https://theses.hal.science/file/index/docid/763530/filename/2012theseGoyatG.pdf ↩︎
- Voir : http://plozevet.hp.free.fr/Blog/ ↩︎
- Christian Pelras, Goulien, commune bretonne du Cap-Sizun. Entre le xixe siècle et IIIe millénaire, 2001, Presses universitaires de Rennes. En ligne : https://books.openedition.org/pur/44291 ↩︎
- https://www.cinematheque-bretagne.bzh/Base-documentaire-426-0-0-0.html?title=Y&summary=Y&director=Y&sequences=Y&year=Y&type=fulltext&search=Goulien ↩︎
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Bernard Paillard (30 octobre 2025). Les Gens de St Démet. Des anthropologues derrière la caméra : Les Gens de St Démet, une nouvelle vie audiovisuelle (6/6). Memoris. Consulté le 4 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/152cn

