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Gabriel Chereau, cinéaste de la Reconstruction

Caméra de marque Zeiss modèle Ikon Kinamo N25 utilisant des cassettes spéciales de format 35mm. Crédit photographie : ADLA Audrey Bodéré-Clergeau.
Caméra de marque Zeiss modèle Ikon Kinamo N25 utilisant des cassettes spéciales de format 35mm. Crédit photographie : ADLA Audrey Bodéré-Clergeau.

Cet article a initialement été publié dans le Bulletin de la Société Archéologique et Historique de Nantes et de Loire-Atlantique dans le tome 159 – année 2024 – ISSN 1283-8454. Cette revue bénéficie du concours de la Ville de Nantes, du Département de Loire-Atlantique, du Conseil régional de Bretagne par l’intermédiaire de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne.


Gabriel Chereau (1909-1990) est une personnalité de la vie publique nantaise aux multiples facettes. À ses fonctions d’avocat spécialisé en droit maritime s’ajoutent ses nombreuses activités dans le domaine de l’architecture et du cinéma. Si son rôle majeur dans la construction de la Maison radieuse et ses relations avec Le Corbusier ont déjà fait l’objet de travaux scientifiques1, son parcours de cinéaste a été peu abordé2.
Témoin privilégié de la reconstruction de Nantes, il réalise trois documentaires tournés entre 1944 et 1955, Sur les quais de Nantes, Le Corbusier travaille, La Maison radieuse. Conscient de leur valeur patrimoniale et dépositaire de la mémoire de Le Corbusier en tant que premier président de la Fondation Le Corbusier, Gabriel Chereau dépose les versions originales de ses trois films aux Archives françaises du film (direction patrimoine du Centre national du cinéma) en 1973 avec de nombreux films qu’il a acquis pendant la guerre auprès d’un collectionneur dont des extraits de Napoléon d’Abel Gance, de L’Argent de Marcel L’Herbier ou encore Casanova de Alexandre Volkoff. Une copie 16 mm d’un des films de Gabriel Chereau, Sur les quais de Nantes, est versée aux Archives départementales de Loire-Atlantique en 2012 par la chambre de commerce et d’industrie de Nantes3. Celui-ci est numérisé et documenté par la Cinémathèque de Bretagne4. Ces trois films sont le fruit d’une expression cinématographique propre à leur réalisateur et une source historique précieuse. Comment a-t-il produit ses films ? Quelles sont ses sources d’inspiration ? Quelles informations transmettent ces images ? Autant de questions posées dans cet article écrit par deux partenaires de la conservation et de la valorisation du patrimoine audiovisuel en Loire-Atlantique : les Archives départementales de Loire-Atlantique et la Cinémathèque de Bretagne.

Une formation artistique et cinéphilique

Depuis l’enfance, Gabriel Chereau fréquente les cinémas, théâtres et dessine. C’est par l’intermédiaire de son oncle, Pierre Chereau (Angers, 1874-Paris 9e, 1948) qu’il est initié aux arts du spectacle. En effet, Pierre Chereau est journaliste dans sa jeunesse puis dirige, de 1922 à 1948, l’Opéra de Paris. Il débute sa carrière vers 1907 au théâtre Graslin à Nantes en y dessinant des maquettes et des décors. Le père de Gabriel, René Chereau (Rennes, 1879-Ovillers-la-Boisselle, 1914) était également dessinateur. René meurt sur le champ de bataille en décembre 1914 dans la Somme, son oncle devient alors une figure « paternelle » qui l’éduque artistiquement. À 23 ans, Gabriel Chereau publie un recueil de vingt-trois planches sous le titre Notions d’astronomie cinégraphique préfacé par Paul Reboux. Gabriel Chereau y croque les « étoiles » célèbres de son époque : Charles Vanel (1892-1989), Jim Gerald (1889-1958), Gaby Morlay (1893-1966), Pauline Carton (1884-1974), Annabella (1907-1996), Albert Préjean (1894-1979), Antonin Artaud (1896-1946), René Clair (1898-1981), Jean Epstein (1897-1953), Marcel Carné (1906-1996). Malgré ses talents de dessinateur, sa mère le pousse à embrasser une carrière juridique plutôt qu’une carrière artistique plus aléatoire. Fidèle à sa pratique du dessin, Gabriel Chereau crée les polices de caractères du générique de Sur les quais de Nantes.

Dans un texte de 1973 adressé au Centre national du cinéma lors du dépôt de son film5, il raconte sa découverte du cinéma à 7 ans en 1916 : « Ce n’était pas du tout ce que j’attendais. C’était beaucoup mieux et bien plus merveilleux ». Il acquiert très vite du matériel de projection puis des caméras de plus en plus perfectionnées. Il se fournit en pellicule nitrate auprès du cinéma Gaumont à Nantes où il achète des actualités filmées. Étudiant en droit à l’université de Nantes et membre de l’association d’étudiants, il écrit des critiques de films dans le journal de l’université, La Bohème6 afin de sensibiliser le public au « cinéma-vrai » donc non commercial. Il organise avec d’autres étudiants des projections gratuites au Royal Ciné avec le concours de Ferdinand Jean, propriétaire et exploitant de plusieurs salles de cinéma nantaises dont le théâtre Apollo, L’Industrie, Omnia Dobrée ou le Palace. Des réalisateurs comme Jean Epstein, René Clair, Marcel L’Herbier ou Abel Gance acceptent de leur prêter des copies. La projection du film de Marcel L’Herbier, Feu Mathias Pascal, le 6 décembre 1928, dans sa version intégrale non coupée est une première à Nantes et suscite l’enthousiasme dans la presse locale :

« Les étudiants prennent un film d’avant-garde d’un de nos plus hardis réalisateurs : ils isolent ce film, le représentent séparé des autres et attirent ainsi une bonne part du public qui, convaincu par la vision de cette merveille qu’est Feu Mathias Pascal verra désormais avec plus d’attention et de curiosité les autres films d’avant-garde jusque-là isolés et perdus dans la masse. Nous souhaitons bonne chance aux Étudiants. S’ils réussissent dans leur tentative, — et cela ne fait aucun doute, — ils auront attiré au cinématographe nombre de personnes qui considèrent encore ce spectacle comme une petite amusette pour esprits inférieurs. Et c’est une idée qu’il faut absolument détruire. » (L’Écho de la Loire, 1er décembre 1928)

En 1943, Gabriel Chereau rencontre Henri Langlois, « le cinéma fait homme », lors de leurs recherches communes de films et noue une amitié avec le fondateur de la Cinémathèque française. À Paris et à Nantes, il évolue dans un milieu culturel au sein duquel la cinéphilie tient une place importante. Nantes compte en 1949 vingt-cinq écrans. Gabriel Chereau est en lien avec Pierre Ayraud (1908-1998) alias Thomas Narcejac, professeur au lycée Clemenceau et romancier reconnu, dont les œuvres seront traduites en films par Georges-Henri Clouzot ou Alfred Hitchcock. Président du ciné-club L’Écran nantais (1946-1951), Thomas Narcejac participe à la création, le 18 octobre 1954, du Cercle nantais du cinéma, présidé par la journaliste de Ouest- France Louise-Françoise Hervieu, avec le bâtonnier Gabriel Chereau, le professeur d’histoire au lycée Jules-Verne Bernard Lerat7, des critiques Henry Bouyer (pour le journal Le Populaire) et JFC Zimmer (pour La Résistance de l’Ouest)8. Ce cercle a reçu Jean Renoir et Marcel L’Herbier (1888-1979), ami de Gabriel Chereau avec lequel il a entretenu une correspondance conservée à la Bibliothèque nationale de France. Lors de sa dernière séance, le Cercle nantais du cinéma comptait encore le 18 mai 1971, 2 500 adhérents. Le Caméra club nantais est l’une des sections du Cercle nantais du cinéma. C’est par l’intermédiaire de Pierre Guérin (Nantes, 1932-Chantepie, 2019) et du photographe René Perdriau (Nantes, 1916-Nantes, 2002) que cette section voit le jour vers 1956. Par la suite, elle devient une association indépendante, creuset d’une production aux genres variés (fiction, film de voyage, film d’animation…) qui remporte de nombreux prix lors des concours départementaux, régionaux, nationaux et internationaux.

Le 30 juin 1948, les statuts de l’association Archives photographiques et cinématographiques de Nantes et de la région sont déposés à la préfecture de Loire-Inférieure. Le but de cette association, présidée par Thomas Narcejac et domiciliée au 24 boulevard Guist’hau (domicile de Gabriel Chereau), est de « rassembler les photographies et les films artistiques, historiques, documentaires, anecdotiques, folkloriques et touristiques représentant un intérêt réel pour notre région ». Ils disposent alors de trois kilomètres de films constitués par des copies achetées auprès des producteurs. Le manque de soutien financier a raison de ce projet. Nul ne sait ce que sont devenues ces archives audiovisuelles.

Sur les quais de Nantes, un “acte de foi”

Avec la réalisation du film Sur les quais de Nantes (1944-1946), Gabriel Chereau adopte une position engagée sur la reconstruction de Nantes inspirée par ses lectures sur l’architecture moderniste. Il décrit ainsi le projet du film dans le texte d’introduction :

« Témoignage de l’énergie d’une équipe, d’une cité, d’un pays qui voulaient revivre après une guerre et des épreuves terribles, ce film a été réalisé sans aide, sans argent, avec des moyens techniques précaires ses images sont parfois imparfaites. Elles ont du moins le mérite d’une authenticité absolue. Ce n’est pas un effort artistique. Ce n’est pas non plus un documentaire. C’est un acte de foi. »

L’auteur adopte une construction narrative assez classique parmi les cinéastes de la Reconstruction9, de la destruction à l’élan vers la reconstruction comme dans le film de Jacques Boulay Marseille premier port de France tourné en 194510. On y voit notamment les mêmes plans de bateaux sabordés que dans le film Sur les quais de Nantes. Gabriel Chereau immortalise la récupération de 126 épaves des bateaux et de navires détruits par les Allemands au moment de leur départ de Nantes en août 1944. On y découvre également le batardeau permettant la mise à sec du bras d’eau situé à La Télindière à Saint-Jean-de-Boiseau. Certaines épaves furent réparées et d’autres transformées en matières premières. Sous l’impulsion de la chambre de commerce et de la direction des Ponts et Chaussées, le port de Nantes renaît peu à peu de ses cendres, ses entrepôts étant dévastés presque en totalité et trois kilomètres de quais inutilisables.

Depuis les années 1920, Gabriel Chereau admire le travail de Le Corbusier. Il lui écrit une première fois en 1944 après les bombardements, pour le convaincre de travailler à la reconstruction de Nantes. Michel Roux-Spitz est nommé architecte-urbaniste de la reconstruction de Nantes en mars 1945, aussi Le Corbusier se contente de former Gabriel Chereau à ses idées afin qu’il les diffuse. Il entre ainsi à l’Assemblée de constructeurs pour une rénovation architecturale (Ascoral) et remet un dossier, le 7 février 1946, au maire de Nantes, Jean Philippot, composé d’une étude géographique et économique de la ville intitulé le Destin de Nantes et de Suggestions pour un plan de transformations de la ville de Nantes et de l’agglomération industrielle de la Basse-Loire (inspirée des principes contenus dans la charte d’Athènes)11. Il y souligne la position géographique idéale, entre l’Europe et l’Amérique, de Nantes. Les nombreuses vues de navires, de camions et d’avions expriment cette idée de carrefour maritime, fluvial, routier, ferré et aérien.

Figure 1 – Nantes, train passant sur le quai de la Fosse, prise de vue depuis le pont transbordeur, photogramme extrait du film Sur les quais de Nantes (Arch. dép. Loire-Atlantique, 20 ET 1)
Figure 1 – Nantes, train passant sur le quai de la Fosse, prise de vue depuis le pont transbordeur, photogramme extrait du film Sur les quais de Nantes (Arch. dép. Loire-Atlantique, 20 ET 1)

Les personnages principaux du film sont les ouvriers, acteurs de la reconstruction de la ville autour de son port. Dans un plan spectaculaire filmé depuis la cabine au sommet du transbordeur, on les voit arriver par centaines (fig. 1).

On conserve peu de films montrant des dockers au travail sur les quais ou dans les hangars à Nantes contrairement aux ports de Rouen, de Saint-Nazaire, de La Pallice à La Rochelle, Marseille et Bordeaux filmés au printemps 1950 par Robert Ménégoz dans Vivent les dockers12 ou Le rendez-vous des quais de Paul Carpita (1955, 1 h 33 mn) et ceux de Dunkerque dans Chez les dockers de Dunkerque13. Lors du visionnage de Sur les quais de Nantes, Manuella Noyer et Christophe Patillon, membres du Centre d’histoire du travail14, ont ainsi pu identifier deux faiseurs de signes chargés de la communication entre le grutier et l’équipe en fond de cale, un débardeur même si on ne voit pas le relevage dans le film, ainsi que des outils : les crocs, le palan et sa palanquée ainsi que la pelle mécanique appelée « crapaud » pour le charbon. La présence d’un conteneur de la société Rosières destiné au transport d’un appareil de chauffage est surprenante car celui-ci ne s’est généralisé qu’à la fin des années 1950. Les marchandises filmées sont des vins d’Algérie, des ballots de laine, du tabac. Le commerce du bois ne démarre que dans les années 1960, c’est pourquoi aucune image de déchargement n’en est visible à l’écran.
Dans le commentaire de son film, Gabriel Chereau présente les hommes de mer comme une « main-d’œuvre de haute valeur ». Les images uniques de Gabriel Chereau sur le hangar n° 21 « pour réception des bananes » dit le hangar à bananes (fig. 2), construit en 194915, montrent méticuleusement le travail de déchargement d’un bananier sur le quai des Antilles ainsi que le dispositif ingénieux et moderne des deux norias de marque Pellegrin16. Pour filmer l’intérieur sombre du hangar, il a certainement utilisé des panneaux réflecteurs ou des miroirs.

Figure 2 – Nantes, vue intérieure du hangar à bananes, photogramme extrait du film Sur les quais de Nantes (Arch. dép. Loire-Atlantique, 20 ET 1)
Figure 2 – Nantes, vue intérieure du hangar à bananes, photogramme extrait du film Sur les quais de Nantes (Arch. dép. Loire-Atlantique, 20 ET 1)


Gabriel Chereau enchaîne les gros plans sur les visages des pilotes des bateaux17 et des marins et ceux des ouvriers qui pratiquent les manœuvres comme les lamaneurs, le grutier ou encore les officiers. D’autres métiers sont mis en valeur : un soudeur pratiquant encore le rivetage à chaud, un peintre rénovant les tôles corrodées et un ouvrier disposant le suif sur les rails de lancement pour le charbonnier Anzin. Lors de ce lancement, Gabriel Chereau est seul à filmer puisqu’il y a seulement des plans de la proue et non de la poupe. Les mécaniciens travaillant dans un endroit trop difficile à éclairer n’ont pas pu être filmés. Les séquences de la montée et de la descente du pilote sur l’échelle de corde sont remarquables. Certaines opérations sont dangereuses autant pour le marin expérimenté que pour le cinéaste. Le film témoigne des liens étroits qui existaient entre le monde maritime et fluvial dans ce contexte de relance économique avec notamment la présence des mariniers transportant les matériaux de construction comme le sable. Gabriel Chereau évoque le passage sous le canal Saint-Félix, inauguré en 1934 après les travaux de comblements, dans une belle et unique séquence entre le quai Malakoff et le quai de Versailles. Il s’attarde aussi sur diverses péniches comme l’Océan (de Redon), la Fleur du Mal et le Cygne (de Pontivy). Sur la péniche le Berceau du Marin apparaît une figure emblématique des mariniers, Georgette Beaudouin (1909-2011) qui épluche des légumes sur le pont. À la fin du film, des images rares de l’école d’hydrographie de la Marine marchande (fig. 3) mettent en scène de jeunes gens en formation et la relève. Un gros plan sur l’un des jeunes, souriant, symbolise la confiance en l’avenir économique du port de Nantes.

Figure 3 – Nantes, élèves de l’école d’hydrographie de la Marine marchande, photogramme extrait du film Sur les quais de Nantes (Arch. dép. Loire-Atlantique, 20 ET 1)
Figure 3 – Nantes, élèves de l’école d’hydrographie de la Marine marchande, photogramme extrait du film Sur les quais de Nantes (Arch. dép. Loire-Atlantique, 20 ET 1)

La “fabrique” du film

À l’instar de nombreux cinéastes amateurs, Gabriel Chereau débute par la pratique de la photographie. Il commence par filmer sa famille avant de se lancer dans ce projet de documentaire. La manière de filmer de Gabriel Chereau est assez proche des productions amateures de l’époque empruntant la grammaire des cinéastes professionnels. Les approches thématiques et la manière de tenir sa caméra s’apparentent à certains cinéastes du Club des cinéastes amateurs nantais notamment ceux qui filment en 16 mm, format exigeant alliant technique et esthétisme tels que Norbert Thibault18, Pierre Baudin19 et Georges Obligi20. Ce caméra-club composé de notables, de professions libérales et médicales est créé en octobre 1945 sous la présidence de Norbert Thibault (1905-1965), directeur des Huiles Tiboline. En amateur éclairé, Gabriel Chereau manie la grammaire du cinéma : les fondus enchaînés, les champs et contrechamps, les diagonales, l’équilibre entre le ciel et l’eau, les essais de cadrages artistiques comme les plans de la rue Sainte-Croix entre deux immeubles ou entre deux wagons sur le quai de la Fosse. Quand il effectue un travelling sa caméra est fixe sur un bateau en mouvement ou il joue avec les bateaux s’éloignant au large.

Caméra similaire à celle de Gabriel Chereau, de marque Zeiss modèle Ikon Kinamo N25. Crédit photographie : ADLA Audrey Bodéré-Clergeau.
Caméra similaire à celle de Gabriel Chereau, de marque Zeiss modèle Ikon Kinamo N25. Crédit photographie : ADLA Audrey Bodéré-Clergeau.

Gabriel Chereau tourne avec une caméra 35 mm, format professionnel par excellence. Le cinéaste amateur s’est engagé dans la création technique d’un film professionnel en utilisant une caméra 35 mm, en travaillant avec une équipe de postproduction et en obtenant un numéro de visa pour sa diffusion en salle. La variété des plans à l’instar des panoramas, gros plans, plans très resserrés démontre la maîtrise technique du cinéaste tout autant que sa culture cinématographique. Il n’hésite pas, malgré la lourdeur de la caméra, à monter sur les piles du pont transbordeur et sur une grue ou sur un bateau en navigation. Sa trame narrative s’inspire des gros plans sur les visages d’Abel Gance, et les gestes des hommes de mer sont similaires à ceux de Jean Epstein en suroît et ciré montrant du doigt quelque chose hors champ. Les commentaires autour des mariniers font référence à La Belle Nivernaise, film muet de 1924 réalisé par Jean Epstein. Il s’inspire également des scènes du film Le Bateau à soupe de Maurice Gleize tournées en 1946 sur les quais de l’Erdre. Utiliser le 35 mm pour un amateur implique lors du montage un savoir-faire très pointu avec l’usage d’un banc de montage spécifique et le maniement d’une pellicule fragile. Le journal d’Élisabeth Chereau, sa femme, relate les conditions de tournage et de montage :

« Le travail de prise de vues a duré au moins deux années, vous avez hanté les quais, les entrepôts, vous vous êtes procuré cette pellicule d’après-guerre d’une bien médiocre qualité, et ensuite c’était l’expédition à Paris, bobine après bobine de votre travail patient et créateur, et le laboratoire à son tour renvoyait. Avec quelle impatience vous attendiez ce retour pour visionner. Et ce fut le montage, notre chambre tendue de fils, et des morceaux de films pendant partout ; vous réfléchissant, gantés de blanc, selon l’usage des manipulateurs pour éviter le contact des doigts avec la pellicule, coupant, ajoutant, collant, cela pendant des semaines. » (archives privées, famille Chereau)

Gabriel Chereau a voulu réaliser un film sonorisé en vue d’une diffusion publique en salle. Il a lui-même écrit les textes et a choisi la voix d’Edin Ben Danou (1893-1975), ancien speaker vedette de Radio Paris qui est aussi la voix des actualités Pathé Éclair et de documentaires d’après-guerre. L’opération de sonorisation est complexe, requérant un matériel adapté et l’utilisation d’un studio d’enregistrement spécialisé le plus souvent parisien. L’utilisation de la voix off demeure la manière dont les cinéastes professionnels documentent leurs images prises sur le vif, la synchronisation labiale étant réservée aux fictions. Il a ainsi travaillé avec des techniciens professionnels parisiens expérimentés comme Louis Kiéffer, chef opérateur du son, et M. Brochet monteur pour la seconde version du film. Enfin, le film a connu deux versions, l’une en 1946 et l’autre en 1948 avec des ajouts de nouvelles prises de vues réelles tournées la même année.

Figure 4 – Nantes, déchargement de balles de coton du SS John Catron, photogramme extrait du film Sur les quais de Nantes (Arch. dép. Loire-Atlantique, 20 ET 1)
Figure 4 – Nantes, déchargement de balles de coton du SS John Catron, photogramme extrait du film Sur les quais de Nantes (Arch. dép. Loire-Atlantique, 20 ET 1)

Gabriel Chereau filme la grande variété de bateaux et de navires, allant du vraquier au charbonnier, du transport de marchandises et de passagers au navire frigorifique, ainsi que la diversité des nationalités (danoise, norvégienne, britannique et américaine). La Compagnie générale transatlantique apparaît également comme un clin d’œil puisque Gabriel Chereau est l’un de ses avocats. Cette galerie de navires symbolise le renouveau d’une activité non seulement de construction mais également de transport de marchandises, de matières premières ou de combustible comme le charbon essentiel à l’époque pour un usage domestique et industriel. Le film se situe avant la mise en production d’électricité en décembre 1953 de la centrale thermique de Cheviré qui utilise le charbon comme source d’alimentation. Il convient de noter la présence de « liberty-ships » construits aux États-Unis pendant la guerre qui ont servi de cargos lors de l’aide matérielle apportée dans le cadre du plan Marshall. Ainsi le SS John Catron (fig. 4), armé par la Compagnie générale transatlantique, construit aux États-Unis et lancé en Géorgie le 11 juillet 1946, et le F. Marion Crawford armé par la Société des métaux permanents, témoignent de l’utilisation d’une flottille souvent en mauvais état construite pour une durée d’utilisation plus courte. Le lancement du cargo charbonnier Anzin, le 15 octobre 1946, est intégré au film. Il s’agit d’un événement populaire et très largement filmé par les cinéastes amateurs comme le lancement du pétrolier De Baïf filmé par Jean Lefol en 1954 dans le port de Dunkerque21 ou encore celui du lancement du paquebot France le 11 mai 1960 commandé par la mairie de Saint-Nazaire22. Les images sont similaires : présence de la foule sur les quais, ouvriers fébriles s’affairant sous la coque et prise de vitesse du navire jusqu’à l’eau. Il réutilise également des chutes de pellicule d’actualités dont il a fait l’acquisition.
Aux prises de vues réelles sont adjointes différentes séquences d’archives. L’une, tournée avant 1926, fait découvrir le pont transbordeur avec les bras de la Loire (la Bourse et l’hôpital) avant les comblements de l’Erdre et de la Loire. Des extraits du journal France Actualités du 24 septembre 1943 sur les bombardements et des Actualités françaises du 18 janvier 1945 relatent la venue du général de Gaulle à Nantes, sans pour autant garder au montage des images du président du Gouvernement provisoire de la République française. Il emprunte également des images d’origine inconnue de New York avec son port d’East River et le pont de Brooklyn la nuit, du bateau le Kong Harold dans les fjords de Norvège ainsi que le trois-mâts navire-école de la Marine norvégienne le Christian Radich. Concernant ces images, peut-être auraient-elles été confiées à Gabriel Chereau par Arno Hansen, membre de la Norvegian shipping trade mission sunningdale, qui possède des bureaux à Londres, New-York et Montréal, qu’il a connu à Nantes pendant la Résistance23.

Une première version du film est projetée en 1946 au cinéma le Rex à Nantes par le ciné-club l’Écran nantais. La presse régionale se montre enthousiaste :

« Sur les quais de Nantes, avec ses pavés mouillés, ses mâts, et ses boutiques d’apparaux, n’est pas un film que l’on voit. On le respire et on y trouve la senteur du goudron des calfats et du gas-oil des Diesel. » (France nouvelle, 25 octobre 1947) ;

« Un splendide poème cinématographique sur Nantes réalisé par un technicien de valeur qui aime et connaît sa cité et a su nous révéler, expliciter tout ce qui, au plus profond de nous-mêmes, nous attache aux quais gras de pluie, aux ruelles montantes, aux tours trapues de Saint-Pierre ou aux platanes des bords de l’Erdre. » (L’avenir de l’Ouest, 21 octobre 1947)

Désigné comme un « élément important du patrimoine cinématographique nantais » (Nantes passion, mars 1992), Sur les quais de Nantes est acheté à Élisabeth Chereau, née Angot, épouse de Gabriel Chereau, en 1992 par la ville de Nantes, le port autonome de Nantes et la chambre de commerce et d’industrie de Nantes. Depuis 2007, le musée d’histoire de Nantes diffuse dans une des salles consacrées à la Seconde Guerre mondiale des extraits du film.

Un certain regard sur l’oeuvre architecturale de Le Corbusier

Le film Le Corbusier travaille est réalisé dans le but de défendre Le Corbusier lors du procès intenté contre l’architecte par la Société de l’esthétique générale de la France (Segf) sur la nuisance visuelle de la Cité radieuse dans le paysage marseillais. Comme l’indique Véronique Boone dans son article « La médiatisation cinématographique de l’unité d’habitation de Marseille : de la promotion à la fiction »24, le film de Gabriel Chereau ne présente pas l’Unité dans ses aspects techniques et son organisation mais il est trop orienté sur la vocation d’habitation de l’Unité, ce qu’avait d’ailleurs relevé Le Corbusier. À la fin du film, la main ouverte d’Élisabeth Chereau rappelle que l’« unité provient d’un apport harmonique entre le corps humain et son entourage25». La diffusion du film reste limitée au procès. La Segf ayant perdu le procès qu’elle avait intenté à Le Corbusier, l’Unité de Rezé-les-Nantes fut mise en chantier dix mois plus tard.

Entre 1953 et 1955, Gabriel Chereau tourne des films amateurs sur la Maison radieuse à l’instar d’un collaborateur de Le Corbusier, Ernest Weissmann, entre 1928 et 193026. Ces images ne sont pas destinées à être diffusées en dehors d’un cercle restreint. Nommé administrateur au sein de la société coopérative la Maison familiale, maître d’ouvrage de la Maison radieuse de Rezé, Gabriel Chereau suit les travaux de la Maison radieuse de 1947 à 1955. En 1953, il tourne quelques vues extérieures en 16 mm sur l’Unité d’habitation de Rezé à l’occasion de la pose de la première pierre et enfin lors de l’inauguration en 1955, en présence de Le Corbusier. Une copie numérique montée et sonorisée de ce film a été donnée par Bertille Chereau Benoist-Gironière, fille de Gabriel Chereau, à la ville de Rezé ainsi que des copies de sa correspondance au sujet de la Maison radieuse27. Le film a été projeté lors du cinquantenaire de la Maison radieuse en juin 2005. Peu d’images de la Maison radieuse ont été tournées dans les années 1950 contrairement à la Cité radieuse filmée par Jean Sacha en 1953, La Cité radieuse (Films Marceau, couleur, 11 minutes). Un extrait du film où l’on voit Le Corbusier et le ministre de la Reconstruction, Eugène Claudius-Petit, marcher sous les piles de l’unité, est d’ailleurs diffusé dans un reportage sur France 3 le 24 avril 2015 lors d’une émission sur l’histoire de la construction de la Maison radieuse. À l’exception des images des bétonnières et des baraques de chantier, le film donne peu d’informations techniques sur le déroulement du chantier. Il montre surtout la présence des officiels (fig. 5) et des 170 familles lors de l’inauguration. Le même point de vue est adopté dans le film amateur, Claire cité à Rezé28, tourné sur le chantier de la Balinière où sont construites des maisons individuelles par un groupement ouvrier, les Castors.

Figure 5 – Rezé, Le Corbusier, André Wogenscky (de dos) et Eugène Claudius-Petit, ministre de la Reconstruction, lors de la pose de la première pierre de la Maison radieuse le 31 octobre 1953, photogramme extrait de films tournés sur la Maison radieuse (Arch. mun. Rezé, 1 NUM 5)
Figure 5 – Rezé, Le Corbusier, André Wogenscky (de dos) et Eugène Claudius-Petit, ministre de la Reconstruction, lors de la pose de la première pierre de la Maison radieuse le 31 octobre 1953, photogramme extrait de films tournés sur la Maison radieuse (Arch. mun. Rezé, 1 NUM 5)

La silhouette reconnaissable entre toutes de Le Corbusier est toujours au centre de l’image. Le texte écrit par Gabriel Chereau et scellé dans la pierre lors de l’inauguration, rappelle la séquence tournée depuis le toit terrasse :

« Du sommet de l’unité en construction, on peut voir (dans le noir qui tombe) les navires qui sont montés à Nantes et dont les projecteurs commencent à éclairer le trafic des quais, tandis que les 1 000 feux du port s’allument et scintillent. »29

Le paysage des années 1950 n’a plus grand-chose à voir avec celui que l’on aperçoit aujourd’hui avec l’urbanisation galopante de l’Île-de-Nantes et de ses rives. Cependant, le renouveau portuaire si cher à Gabriel Chereau ne s’est réalisé qu’en partie avec la venue du paquebotRenaissance amarré en face de la Maison radieuse, le 24 mai 1990, et n’est pas sans rappeler ce texte scellé dans la pierre :

« L’unité des têtes dures de la Loire maritime, ce pays de constructeurs de navires, de capitaines marchands, d’hommes d’aventure. »30

De 1987 à 1988 s’est déroulée la grande exposition L’aventure Le Corbusier au centre Pompidou. Elle est le signe d’un nouvel enthousiasme pour l’œuvre corbuséenne. Les films Sur les quais de Nantes ainsi que Le Corbusier travaille sont de nouveau projetés. À Nantes, ils sont diffusés notamment par l’association régionale pour la diffusion et la promotion de l’architecture et l’école d’architecture de Nantes lors de séances sur la lecture de la ville destinées aux étudiants entre 1981 et 1987, notamment en présence de Gabriel Chereau. Si le film Sur les quais de Nantes donne une importance prépondérante au port dans une vision moderne de la lecture de la ville, celle-ci est dépassée dans les années 1980. Les étudiants perçoivent alors ce film comme « expressionniste » car représentatif du passé industriel, sombre et lugubre de la ville et alors même qu’il n’en a pas le style cinématographique. Seule la séquence où Le Corbusier dessine à l’extérieur dans Le Corbusier travaille marque l’esprit des étudiants tant ils sont éloignés du discours sur l’harmonie entre l’homme et l’unité présente dans le film. La postérité du maître a dépassé celle de ses idées.

Audrey Bodéré-Clergeau
chargée d’études documentaires principale, chargée des archives notariales et audiovisuelles, Archives départementales de Loire-Atlantique

Pascal Le Meur
responsable de l’antenne de Loire-Atlantique, Cinémathèque de Bretagne

Remerciements

Nous remercions Bertille Chereau Benoist-Gironière et Louis-Jean Ropars pour leurs précieuses contributions.


  1. BIENVENU, Gilles, Urbanisme et reconstruction. Un projet d’application de la Charte d’Athènes à Nantes, dactyl., travail personnel de fin d’études, Philippe DUBOŸ (dir.), Unité pédagogique d’architecture de Nantes, 1977 ; Id., « Nantes ville radieuse ou l’appel au Corbusier. Le projet Chereau », 303, n° 15, 1987, p. 10-21 ; Id., « Nantes ville radieuse ou l’appel au Corbusier. Une proposition d’application de la Charte d’Athènes », dans Patrick DIEUDONNÉ (dir.), Villes reconstruites. Du dessin au destin, Paris, L’Harmattan, 1994, vol. 1, p. 282-291 ; BATAILLE, Philippe et BIENVENU, Gilles, « D’un paquebot l’autre, d’Architectures, n° 8, sept. 1990, p. 32-33 ; SADDY, Pierre, «Le “père” de la Maison radieuse », 303, n° 15, 1987, p. 25-33. ↩︎
  2. BOONE, Véronique, Le Corbusier et le cinéma : la communication d’une œuvre. Architecture, aménagement de l’espace, dactyl., thèse de doctorat, Richard KLEIN et 
    Éric Van ESSCHE(dir.), Université Charles de Gaulle Lille III, Université libre de Bruxelles, 2017. ↩︎
  3. Son inventaire est publié sur le site Internet des Arch. départementales de Loire-Atlantique : inventaires-archives.loire-atlantique.fr/ead.html?id=FRAD044_20ET&c=FRAD044_20ET_tt1-2 ↩︎
  4. Si le film Sur les quais de Nantes ne peut être diffusé en ligne pour des raisons juridiques, plus de 10 000 films sont en accès libre et gratuit sur site internet de la 
    Cinémathèque de Bretagne : www.cinematheque- bretagne.bzh ↩︎
  5. CHEREAU, Gabriel, Des petits bouts de film, du vrai cinéma… et des hommes, 1973 (archives privées, famille Chereau). ↩︎
  6. Le journal La Bohème est conservé aux Archives départementales de Loire-Atlantique (PR 82) et numérisé. Il est accessible sur le portail presse du site Internet des Archives départementales : archives-numerisees.loire-atlantique.fr/v2/ad44/presse.html ↩︎
  7. Bernard Lerat (1920-2000), universitaire, professeur au lycée Jules-Verne à Nantes (1945-1984), professeur d’histoire de l’architecture à l’école régionale d’architecture de Nantes jusqu’en 1968, adjoint au maire aux affaires culturelles et aux beaux-arts, conseiller général. Son oncle Norbert Lerat, avocat, réside au 24 boulevard Guist’hau à Nantes où habite Gabriel Chereau. ↩︎
  8. Arch. dép. Loire-Atlantique, 82 W 111. ↩︎
  9. GILL, Sandrine, « La Reconstruction filmée », dans Boris LABIDURIE et Christel PALANT, Les archives iconographiques et audiovisuelles de la Reconstruction en France, de 1940 aux années 1960, Paris, Publications des Archives nationales, 2023, En ligne : https://doi.org/10.4000/books.pan.4849  ↩︎
  10. Arch. nat., 20170146/16. ↩︎
  11. Arch. privées. Le travail de Gabriel Chereau est élaboré en trois phases et quatre textes : le « Destin de Nantes », daté du 29 août 1944, une étude où la ville est présentée comme la« porte océane de l’Europe »; « La cité moderne », daté du 1er mars 1945, en deux parties : « Principes généraux » (une synthèse de la doctrine d’urbanisme de Le Corbusier) et « Le cas particulier de Nantes » (première mouture de l’application de la charte d’Athènes à Nantes); « Suggestions pour un plan de transformations de la ville de Nantes et de l’agglomération industrielle de la Basse-Loire (inspirée des principes contenus dans la charte d’Athènes) », texte daté du 28 septembre 1945. Le 7 février 1946, après clôture de l’enquête publique sur le plan d’aménagement et 
    de Reconstruction officiel, Chereau fait parvenir au maire un dossier constitué de « Destin de Nantes » et « Suggestions… » accompagnés d’un jeu de plans de la ville (plans commerciaux) sur lesquels il a tracé les grands principes de son projet. Le dossier avait auparavant été remis officieusement à l’adjoint à l’urbanisme, mais n’avait pas été déposé à l’enquête publique. ↩︎
  12. Ciné-Archives, MENEGOZ, Robert, Vivent les dockers, 15 minutes, noir et blanc, sonore, 1951. ↩︎
  13. Ciné-Archives, CHARRET Pierre, Chez les dockers de Dunkerque, 0453FS0002, 15 minutes 40 secondes, noir et blanc, muet, 1967. ↩︎
  14. PATILLON, Christophe, GUICHETEAU, Samuel, NOYER, Manuella, Dockers nantais, une histoire nantaise : travailler et lutter sur les quais (XVIe-XXe siècle), Nantes, Éditions du CHT, 2023. ↩︎
  15. Arch. dép. Loire-Atlantique, plans du hangar n° 21 dressé en 1946 par l’architecte Friésé, 1048 W 221. ↩︎
  16. Structure sur le quai reliant le bateau à l’entrepôt. Elle est constituée de grandes poches de textile dans lesquels les régimes sont hissés à l’aide d’un tapis roulant. Fruit fragile, les bananes sont protégées des intempéries et du soleil. Dans les années 1950, il faut deux jours pour décharger un navire de 1 300 tonnes de bananes. ↩︎
  17. Le pilotage est obligatoire à la montée et à la descente pour tout vapeur jaugeant 150 tonneaux et au-dessus et pour tout voilier jaugeant 100 tonneaux et au-dessus. ↩︎
  18. Cinémathèque de Bretagne, THIBAULT, Norbert, Le froid à Nantes, film n° 4495, 12 minutes 55 secondes, muet, noir et blanc, 1937-1938. ↩︎
  19. Cinémathèque de Bretagne, BAUDIN, Pierre, Midi à Nantes, film n° 13945, 11 minutes 4 secondes, muet, noir et blanc, mai 1946. ↩︎
  20. Cinémathèque de Bretagne, OBLIGI, Georges, Une visite aux usines Armor, film n° 7885, 36 minutes 13 secondes, muet, noir et blanc, vers 1945. ↩︎
  21. Archipop, LEFOL, Jean, Lancement du pétrolier De Baïf, 0608FS0011, 4 minutes 52 mm, muet, noir et blanc, 1954. ↩︎
  22. Cinémathèque de Bretagne, [réalisateur inconnu], Lancement du France, film n° 4495, 13 minutes 52, sonore, couleur, mai 1960. ↩︎
  23. Arch. dép. Loire-Atlantique, 27 J 56, lettre datée du 11 novembre 1945 avec « résumé de l’activité dans la résistance de Monsieur Gabriel Chereau. Mention des personnes pouvant témoigner de ces activités : Arno Hansen et le docteur Émile Meeus, Mme veuve Robert Jaffré ». ↩︎
  24. BOONE, Véronique, « La médiatisation cinématographique de l’Unité d’Habitation de Marseille », dans Annuario de Estudios Lecorbusieranos, 2004, p. 192-199. ↩︎
  25. LE CORBUSIER, « Unité d’habitation : Le Corbusier à Marseille », dans L’Architecture d’Aujourd’hui,
    t. 46, 2.1953, p. 12. ↩︎
  26. BOONE, Véronique, Le Corbusier on Camera, the Unknown Films of Ernest Weissmann, Bâle, Birkhauser, 2024. ↩︎
  27. Arch. mun. Rezé, 1 NUM 5. ↩︎
  28. Cinémathèque de Bretagne, [réalisateur inconnu], Claire cité à Rezé, film n° 22331, 6 minutes 30 secondes, muet, noir et blanc, 1953. ↩︎
  29. Arch. mun. Rezé, 2 octobre 1954, 1 NUM/5.25. ↩︎
  30. Ibid. ↩︎

Cinémathèque de Bretagne
Cinémathèque de Bretagne

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Cinémathèque de Bretagne (24 juillet 2025). Gabriel Chereau, cinéaste de la Reconstruction. Memoris. Consulté le 4 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/14f4a


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